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FOCUS | 3 chorégraphes luxembourgeoises en résidence à l’étranger en septembre

 

NEWS FROM ABROAD !

En tant que centre pour la danse contemporaine au Luxembourg, le TROIS C-L a pour vocation de soutenir les chorégraphes et danseurs professionnels en plaçant la promotion et la diffusion au cœur de ses missions. Le TROIS C-L a ainsi mis en place un programme d’échanges de résidence artistique internationale. Ces périodes de travail en-dehors du Luxembourg offrent aux artistes y participant la possibilité de rencontrer d’autres professionnels du secteur culturel, de pouvoir nouer des liens à l’international et de donner une visibilité à leur travail artistique.

Ce mois de septembre 2019 est particulièrement riche avec pas moins de 3 périodes de résidences à l’étranger: la chorégraphe Tania Soubry s’est rendue à Lublin en Pologne pour développer son nouveau projet de recherche Brave (K)New Rave ; la chorégraphe Jill Crovisier est actuellement à Paris avec sa recherche en cours JINJEON ; enfin, Jennifer Gohier se trouve en Finlande où elle travaille sur son PROJET K.

Découvrez ci-dessous leurs impressions sur cette expérience à l’étranger et sur l’évolution de leur travail en cours !

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JILL CROVISIER

en résidence à la Maison du Portugal André de Gouveia à Paris | du 1er au 15 septembre
Projet de recherche: JINJEON | Représentation publique le 14 septembre à 18h

Retrouvez ci-dessous la vidéo de la recherche:

 

JINJEON research 1 – inside a studio from JC Movement Production on Vimeo.

Plus d’informations sur Jill Crovisier  ICI

Toutes les dates de tournée ICI

 

JENNIFER GOHIER – Artezia asbl

en résidence au JoJo – Oulu Dance Center en Finlande | du 2 au 12 septembre
Projet de recherche : PROJET K | Open studio le 12 septembre 12h – 14h

Comment avez-vous été accueillis dans le pays et la structure d’accueil ? Comment s’organisent vos journées ?

L’équipe du festival est très chaleureuse, organisée et attentive à notre confort, autant sur le plan artistique que sur le plan humain. Nous avons participé à l’un de leurs « social coffee » afin de rencontrer et échanger avec les danseurs locaux et nous aurons un diner avec les autres artistes du festival.

Comment évolue votre recherche depuis votre arrivée? Comment l’expérience à l’étranger et la culture du pays d’accueil influencent-elles votre travail ? Quelles sont les difficultés, particularités rencontrées ?

Contrairement à ma façon de travailler, je suis arrivée en Finlande avec une page blanche, sans rien à transmettre ni rien attendre de particulier, juste me laisser guider par les propositions des danseurs à mes pistes de travail. Un peu comme lorsqu’on arrive dans un pays sans itinéraire précis, avec la seule idée de se laisser guider par les rencontres sur place.

J’ai préparé cette résidence à travers une série de lectures et de vidéos sur le karaté et les arts martiaux mais je n’ai aucune expérience physique dans ce domaine. Je ne voulais pas non plus arriver avec du matériel chorégraphique qui « ressemblait » à du karaté. 

J’avais quelques pistes de travail à explorer et les danseurs les ont mis en mouvement avec leurs compétences de danseurs et de karatékas. On explore, on teste, on échange, on joue avec le matériel, on garde (ou pas), on ajoute une consigne supplémentaire, on approfondit, on laisse cette idée de côté, on recommence le lendemain , etc …

Le fait d’être en résidence en Finlande a largement contribué à rendre possible la rencontre avec un dramaturge finlandais, Ville Kurki, pratiquant l’Aikido à haut niveau et parlant français ! C’était l’homme de la situation ! Une rencontre aussi belle que fructueuse et inattendue. Nous espérons qu’il pourra continuer avec nous sur les prochaines résidences de travail. 

Enfin, la Finlande est un pays que j’apprécie énormément pour son atmosphère calme, bien organisé et où la nature y tient une grande place. Pas de stress, ni d’embouteillage et un environnement parfait pour se ressourcer entre deux répétitions et garder un esprit disponible.

En quoi effectuer une expérience de résidence et une expérience à l’étranger contribue – ou pas – à l’évolution du projet ?

Travailler à l’étranger, hors de sa routine et son confort domestique permet de se focaliser entièrement sur le projet et de se plonger intensément dans la recherche.

Un autre pays, un autre rythme de vie, une autre langue, d’autres chemins à emprunter pour aller travailler… Nos repères sont bousculés et nous devons nous adapter. Exactement l’état d’esprit d’une recherche chorégraphique.

Enfin, à travers les échanges et les rencontres avec les artistes locaux et l’équipe du festival, cela permet d’avoir de nouveaux regards, et de nouveaux retours sur notre travail.

Pouvez-vous décrire en quelques lignes l’origine de votre projet et votre démarche artistique ? Quelles sont les prochaines étapes du projet ?

A l’origine, cela devait être une rencontre chorégraphique entre 2 amis pratiquant respectivement le kung-fu et le karaté.

Et puis l’un des danseurs n’étant plus disponible pour des raisons professionnelles, c’est une danseuse pratiquant le karaté comme hobby qui a débuté le projet mais comme elle est maintenant enceinte, un nouveau danseur prendra le relai dans quelques semaines pour les prochaines étapes de travail.

J’ai dû repenser cette simple rencontre initialement « amicale »  comme un vrai projet de recherche chorégraphique, à travers différentes périodes de résidence. 

Comment le karaté et plus généralement les arts martiaux peuvent influencer les danseurs et plus largement la création d’une pièce ?

Tel est désormais l’objectif des prochaines périodes de résidence à Homécourt, Esch/Alzette et Luxembourg.

Une des prochaines étapes importantes de ce projet sera une résidence de travail au sein d’un établissement scolaire.

Au-delà d’un simple échange entre professionnels et étudiants lors de workshops, il s’agira de créer un projet artistique et pédagogique pour tout l’établissement scolaire autour du processus de recherche et de création chorégraphique.

Comment serons-nous influencés par ce nouvel environnement ? Ce sera une nouvelle étape de recherche.

Plus d’informations sur Jennifer Gohier ICI

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TANIA SOUBRY

en résidence au Lubleski Teatr Tańca à Lublin en Pologne | du 6 au 20 septembre
Projet de recherche: Brave (K)New Rave | Représentation publique le 19 septembre à 19h

My residency at the cultural centre in Lublin, Poland, through Lubelski Teatr Tánca and Trois C-L, consisted of 12 days non-stop practice/research/work/creation for my current research project entitled Brave (K)new Rave. It investigats the socially empowering essence of the Rave movement, which grew parallel to the rise of neoliberalism. At the same time, it researches and reflects upon current political and social situations, and the need for a united World in these times. It uses the voice, spoken word and storytelling as the material from which it creates lyrics, melodies, beats, poly-voices, atmospheres and dances. Physically raving on the verbal raving. Raving about, with, for and towards something. A politics of collectivity and togetherness, of belonging and interconnection. The ultimate intention is to create a performance-event of a new myth for a socialist, environmental and global society, in synthesis with each other and the earth.

For the last year I was researching/reading a lot about the rave, neoliberalism, environmental breakdown and specific thinkers/activists/writers/scholars with alternatives/suggestions. The beginning of the rave movement in 1988/89 is considered the second summer of love, after the first summer of love of 1967-69, and all the energy that went into it, the collective joy, the feeling of love and connection, had spiritual, shamanic and socially empowering qualities. The whole act of creating a free gathering was political in itself. It however also eventually became appropriated and a capitalist enterprise. In the meantime neoliberalism grew stronger and we are currently in an age of rising right wing politics, fascist movements, divisions, walls and separations as well as climate and environmental breakdown, all problems where we have to work together to solve this emergency. What if all the energy that went into dancing and partying, this social valve, went into more direct political action? We need a new myth, new stories and narratives to capitalism. Ursula Le Guin wrote:  » It’s up to authors to spark the imagination of their readers and to help them envision alternatives to how we live. » And we must make this work and transition, just and liberated futures, irresistible.

During the residency I edited and transformed the text I wrote for the project into lyrics, and then into rhythms, melodies, harmonies and recorded all on Ableton (an electronic music software), created the beat(s) and sounds I needed, and explored and carved out movement material within that work. I initially researched movement qualities and material on other songs from a playlist I made for the project, and then on the track that I created myself once I took shape, embodying the space I am creating, exploring the pluses, bounces, booming, flowing, floating, streaming, raving on and through it.

I had the key to a great big beautiful studio to work in and the last six days to the theatre I was performing in and worked everyday, the general timetable was from 10.00-18.00, sometimes till late. I would start with my practice, which entails meditation, scanning, somatic practices and material from my contemporary soul groove classes. I then would proceed to what I have on the agenda. The process was accompanied by writing and video and audio recordings.

I had an great time in the residency, mainly working. Living above the studio allowed very focused work, the food being cheap I could go the the local restaurants for lunch and dinner and dedicate my whole two weeks to the project within the proximity of the centre. I was juggling a lot of elements within the research. A lot of technical details as well. I had the assistance of my musical assistant Michael Picknett for three days and regular skype sessions with my dramaturgue Alexandra Baybutt to share, think with, make sense with, dramaturgise, bounce from and guard the concept. The technician at my availability for the last four days was a wonderful energy to work with.

The workshop I taught on the 18th was well attended, around 20 participants. I taught contemporary soul groove dance class for 1.5 hours and then shared my research with them, exploring their movement/responses/relation to to the music I created and having a conversation as to their feedback, regarding the dual movement of dancing to the music and listening to the text, the body and the mind listening.

I had a first work in progress sharing of my research project Brave (K)new Rave there last Thursday the 19th, the evening before I left, which was a good experience, with an enriching question and answer session afterwards which generated conversations within us and the audience.

The centre is big and multicultural with two cafés so there is an atmosphere and life which is pleasant. I was accommodated on the top floor which is the hotel of the centre in a room with bathroom and a shared kitchen. I was cold at night once the weather dropped towards autumn and got woken up some mornings very early by the noise of the cleaners, which I did report.

The organisation in the centre was lovely and kind, I got to meet and to speak a bit with everybody. I especially appreciated the conversations I had with Konrad Kurowski, who took more time to meet, have dinner and get to know each other. We had some enriching talks and exchanges and I benefitted from his poignant feedback on my research and sharing as well as on the workshop I was teaching which he attended all way through.

I got to visit the beautiful city, especially the old town, and meet, dinner, talk with, learn and discover a lot from locals, such as Konrad Kurowski from Lubelski Teatr Tánca. Always such an enrichment to be immersed in another culture, language, stories…

A residency abroad, in a different country/city/place opens the senses/mind/heart. Choreography/art are within culture and being immersed within a creative project in another culture is enriching and stimulating. Being outside of one’s habitual surrounding can be freeing, opening, as well as challenging, such as not understanding/speaking the local language. Being interested in culture, history, politics it is always very informative to learn within and about other places. My project dealing with capitalism and neoliberalism, borders and environmental breakdown, it is interesting to be in a country that used to be occupied by the soviet union, joined the E.U. thirty years ago and is currently in a catholic right wing retreat, with fascist tendencies, closing their borders. Speaking with locals one get’s to hear the nuances within that, different angles.

I am very thankful for this residency and time!

The next step will be a residency at Trois C-L from Thursday the 26th of September until the performance there on the 3rd of October at 19.00 as part of le 3 du Trois: Le son en movement! The sharing will be different from the one in Lublin, which is a great opportunity to be able to do a different version! There is also a sharing scheduled for October at the Green in London, date to be confirmed. And I am working on the continuation of this project, to be followed.

© Piotr Jaruga

Plus d’informations sur Tania Soubry ICI

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