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FOCUS | Léa Tirabasso au Concours PODIUM

© Bohumil Kostohryz

Léa Tirabasso présentera sa création The Ephemeral life of an octopus au Concours PODIUM  le 29 et 30 novembre 2019 !

 

 Né en 2009 et anciennement nommé « (re)connaissance, ce concours de danse contemporaine créé par le Pacifique, Centre de Développement Chorégraphique National de Grenoble et la Maison de la Danse de Lyon revient cette année pour sa 1ère édition sous le nom de « Podium ». Le concours réunit des structures culturelles labélisées et diversifiées dans l’objectif de repérer et de donner une visibilité et soutenir des chorégraphes confirmées et mais peu diffusées.
Sur une trentaine de propositions, douze spectacles ont été sélectionnés, parmi elles, la chorégraphie de Léa Tirabasso The Ephemeral Life of an octopus.

Retrouvez toutes les informations sur le Concours PODIUM ICI

 

Suite à sa nomination, le TROIS C-L a recueilli les impressions de Léa Tirabasso, découvrez son interview …

 

Peux-tu nous raconter l’origine de ta participation à Podium ?

C’est grâce à Laurent Meheust de KLAP, Maison pour la Danse à Marseille, que nous faisons partie des pièces en liste à PODIUM. Il a proposé le projet au comité de sélection et nous voilà partis. Ma première rencontre avec Laurent s’était faite autour de TOYS, ma pièce précédente. KLAP est l’un de nos co-producteurs pour The Ephemeral life of an Octopus, et le seul partenaire français sur le projet. Dans ce sens, PODIUM représente une belle opportunité pour rencontrer les professionnels en France.
 
Parle-nous de l’origine de la pièce, ce qu’elle raconte, les sujets qu’elle soulève. Où as-tu puisé ton inspiration pour cette pièce ?  
 
À l’origine de la pièce est une expérience de maladie. Ou plutôt, une expérience de corps et d’organe anormaux. J’ai dû subir une ovariectomie en 2016 (ablation d’un ovaire) et cette opération m’a énormément troublée. J’ai eu la sensation de voir ma féminité mutilée, d’être un monstre de chair fait de cicatrices et de trous ajoutés. Mon corps n’était plus « moi », mais cette chose mal portante qu’il fallait observée, percée, pesée, mesurée. 
Un peu plus tard j’ai appris que la masse qui avait nécessité l’opération était un cancer. Et là, tout s’écroule, et avec cette chute terrible, je me retrouve face à ma propre mortalité, face à l’absurdité d’être en vie, face à la petitesse de tout et le grotesque de nos situations. Bref. Avoir un corps était avoir une fin. Voilà d’où vient la nécessité et l’urgence de cette pièce. 
Je pense que la pièce rassemble trois grands axes. Il y a d’un côté l’inspiration scientifique des phénomènes cellulaires en jeu dans les cancers, l’inspiration philosophique des notions de conscience et de douleur, et enfin l’inspiration intelligible, voire phénoménologique, c’est à dire : l’expérience de la maladie. 

Comment la pièce a-t-elle évoluée depuis le début ?

La pièce est en constante évolution : à chaque date, les danseurs s’en emparent toujours plus, ils se l’approprient, la métamorphosent, la déchirent, la maltraitent, la reconstruisent. J’aime les observer faire corps avec la pièce. Chaque date est une opportunité d’affiner la physicalité recherchée. L’équipe avec le temps est toujours plus proche et soudée : donc prête à prendre de nouvelles ou différentes décisions aventureuses artistiquement parlant. J’ai une confiance aveugle en ces 4 danseurs et j’aime me faire surprendre par eux. Je pense que nous formons un groupe solide, prêt a tester la danse et les corps en toute confiance parce qu’aucun jugement n’est jamais émis. Nous sommes à l’écoute les uns des autres et nous nous soutenons individuellement et en équipe. Je crois qu’il y a beaucoup d’amour entre nous ! Pour le travail et entre nous tous. 

Comment s’est déroulé le travail avec les danseurs, les techniciens, la préparation du set design  ?

Je travaille beaucoup avec la philosophie, des sensations, des questions, des mots, des images. Le travail a été fluide avec les danseurs : nous avons parlé, beaucoup, écouté des spécialistes de différents bords, beaucoup. Puis joué, énormément. Je recherchais un corps disloqué, déstructuré, grotesque, primal et animal. Nous avons improvisé, de là la structure était plus claire, de là les intentions également etc. Nos répétitions sont fer

mées, elles sont sacrées: elles représentent un espace de prise de risque à beaucoup de niveaux. La confiance et la transparence était au centre du processus de création. 

La préparation du set design est un bel accident. Le tout premier jour de recherche en Septembre 2017, alors que je pensais que ces câbles avec micro allaient tomber du plafond, nous les posons par terre juste le temps des répétitions. Et là, révélation du dessin au sol: des veines, des cheveux, les tentacules d’un octopus. Il était évident que ces câbles devaient être au sol. Au delà de l’aspect esthétique d’avoir les câbles par terre: j’aime ce qu’ils amènent de danger pour les danseurs en mouvement dessus. Et puis le reste du set design est également un bel accident. Arrivés au Kinneksbond lors de notre semaine de créa lumières en Février 2019, des câbles pendent du plafond au dessus de la scène. Ils créent une atmosphère de cave, de jungle, de lieu un peu anarchique et perdu. On a gardé cette idée des câbles qui pendent et dans chaque théâtre, on travaille avec l’équipe technique,:on fouille dans leur boites à câbles inutiles et inutilisés et on redessine le set ensemble. La collaboration avec Nicolas pour la lumière a été toute aussi fluide qu’avec les danseurs. On a beaucoup parlé avant de se retrouver sur scène et avant de tester des images. Il a tout de suite compris le monde que j’avais en tête, et il l’a embelli, il l’a rendu plus fort, plus intense, plus juste. Là encore, la confiance était au centre de notre démarche. 
 
 
Quelle est ta démarche artistique, et quels sont tes prochains projets?
 
Je suis intéressée par les tensions qui nous habitent: tensions émotionnelles, physiques, morales, mentales, culturelles. J’aime observer et explorer les frictions créées par notre vie physique versus notre vie spirituelle. 
J’étudie la philosophie par procuration grâce à la danse. Je travaille avec Thomas Stern (philosophe de l’University College London), à qui je pose mille et une question. Au fil des années nous avons créé une relation ping-pong vraiment intéressante. Mon prochain projet germe doucement. Il ne sera que la suite de mes recherches autant physiques que conceptuelles, avec de la philosophie, de la science et beaucoup de corps. 
Pour l’instant, je me concentre sur l’Octopus. J’ai encore énormément d’énergie à donner à cette bête. 

 

 

THE EPHEMERAL LIFE OF AN OCTOPUS

 

 

The Ephemeral Life of an Octopus est absurde et grotesque, ludique et libératrice. Il met en doute l’étrangeté d’avoir un corps: sain et vigoureux, souffrant et endommagé, perforé et sondé, sauvage et animal. Basée sur l’expérience personnelle de la chorégraphe sur le cancer de l’ovaire, la pièce s’inspire d’études sur l’évolution des cellules cancéreuses et sur l’expérience vécue de la maladie. À la fois scientifique, philosophique et viscérale, la pièce se penche sur le dysfonctionnement, le chaos et la force de vie vibrante du corps de l’intérieur et de l’extérieur. Plus largement, la pièce explore la
malédiction d’être conscient. Il s’agit d’une tentative d’examiner les états instinctifs et primaux, les comportements dysfonctionnels et les résultats chaotiques.

 

Découvrez la biographie complète de Léa Tirabasso ICI

Toutes les informations sur la création ICI

 

Prochaines dates:

29 novembre 2019 | La Rampe, Echirolles (FR)
dans le cadre du concours PODIUM, plus d’info ICI

2 décembre 2019 | The Place, Londres (UK)
Showing privé, pour plus d’informations et inscription, cliquer ICI

3 + 4 janvier 2020 | 19:00 | Kinneksbond goes Banannefabrik ! (LU)
Toutes les infos ICI

24 – 26 avril 2020 | Spring Forward Festival by Aerowaves, Rijeka, Croatie (HR)